Le sang du temps - Maxime CHATTAM
Résumé de la quatrième de couverture :
Automne 2005. Marion doit fuir Paris dans l'urgence. Il y va de sa vie. Des hommes de la DST la déposent au Mont Saint-Michel, où l'accueille une communauté religieuse. Très vite, Marion se sent espionnée.
Mars 1928. Au Caire, des enfants disparaissent en pleine nuit, on retrouve leurs corps meurtris dans les nécropoles environnantes. Une rumeur se propage : le monstre des Mille et Une Nuits, la terrible Goule, serait de retour. Le détective Matheson n'y croit pas...
Deux intrigues sans rapport apparent, et pourtant liées de manière inextricable.
>> Très bon livre bien qu'il soit vraiment dans un autre style auquel Maxime CHATTAM nous avait habitués. Tout au long, je me forgeais des théories plus débiles les unes que les autres, ce qui me donne une sensation de malaise pour la fin qui est me semble un peu "bâclée". Cela dit, ça n'enlève rien à la qualité de cet auteur que j'apprécie particulièrement grâce à ses connaissances notamment en criminologie, domaine qui me fascine <<
Extraits choisis :
"La lecture est une expérience toute personnelle. Une exaltation folle qui naît d'une rencontre. Celle de taches noires sur des fragments de bois traité avec un esprit. Un cerveau qui vient capter les mots et les interpréter. Selon ses sensibilités. Le moteur de tout récit est l'esprit du lecteur, son imagination est son carburant. L'auteur ne fait que décrire un paysage plus ou moins malléable, et il s'applique à ce que le lecteur suive le rail de sécurité.
Mais tout est question de sens.
Et je souhaiterais vous faire partager mon expérience de lecteur, avant de vous laisser en tête à tête avec ces pages.
J'ai longtemps aimé le silence pour lire.
La quioétude d'un néant quelconque, impersonnel, pour savourer pleinement le cataclysme sonore des mots.
Puis j'ai fait un effort. Celui de la musique pour lire.
La musique symphonique. Au départ, je n'étais vraiment pas tenté. Puis cette idée m'a séduit. La perception de la lecture est une affaire de sens. Et la musique vient en ajouter de pleines bouffées.
Lire un roman chez soi avec la musique qui flotte tout autour, ou dans une rame de train, le baladeur rivé aux oreilles, ou même sur son lieu de travail, pendant la pause déjeuner, un CD glissé dans l'ordinateur, le casque branché à l'unité centrale, et c'est la magie de l'imaginaire qui s'opère.
Croyez-moi, si vous n'êtes déjà pas adepte, c'est une expérience à tenter.
Avec une musique enivrante, la puissance déjà inouïe de la lecture se décuple.
Mais pas avec n'importe quelle musique.
Bien choisir sa musique d'accompagnement est aussi difficile que de choisir le prochain livre que l'on va ouvrir" [Préface]=> J'ai écouté l'album Mass III du groupe de post-hardcore Amen Ra pendant une longue partie de la lecture de ce livre.
[...]
"-C'est un peu fou tout de même, renchérit le frère. On finit par s'émouvoir davantage pour la mort d'une seule personne que pour des génocides ! Si vous regardez, on fait des unes de journaux sur un meurtre proche de chez nous et on passe sous silence ce qui se passe en Afrique par exemple..."
[...]
"-Vous savez, parfois lorsque je besogne dans nos entrailles, il m'arrive de m'arrêter une minute et de contempler l'ouvrage que nous sommes. A quel point nous sommes tous inégaux. Certains ont les artères résistantes, larges, moins faciles à boucher. D'autres, au contraire, les ont fines et étroites. Pourquoi ? Il n'y a pas de règles à ça. Probablement pas d'hérédité, c'est la faute au hasard de la nature, vous naissez avec une forte propension à mourir tôt ou pas. Pour ce pauvre gosse, ça s'est passé plus vité qu'il en l'avait songé. Son coeur a battu, quoi, un milliard de fois avant de s'éteindre ? A peu près. Un milliard d'appels à la vie pour rien. Personne n'aura entendu. Il retourne à la pourssière."
[...]
"-Vous voyez, Monsieur Keoraz, dit Jeremy d'une voix anormalement basse et tremblante, il existe des hommes mauvais, capables du pire. Il y a peut-être ceux qui le deviennent, victimes du mal, ils charrient leur douleur tels des fantômes incapables, de trouver l'absolution. Toutefois, il y a des êtres qui font le mal sans lutter contre lui, sans excuses, sans combat interne, au contraire, ils en jubilent. Ceux-là sont des monstres."
Par Headbanging, Vendredi 13 Octobre 2006 à 22:26 GMT+2 dans + Livres (article, RSS)
) et ton résumé me tentent bien ...




