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Parce que je suis convaincue qu'en y mettant un peu du sien, chacun peut faire d'une anecdote de vie un article intéressant , drôle, émouvant, je me suis lancée dans l'aventure il y a bientôt trois ans. A vous de juger et de rejoindre MaBulle !

Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

Mercredi 17 Janvier 2007, 20:36 GMT+2Par HeadbangingCet article a été lu 1 fois
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Résumé de la quatrième de couverture :
"SONGEZ-VOUS AU SUICIDE ?
Pas de panique, vous n'êtes pas seul.
Nous sommes plusieurs à partager les mêmes idées, et même un début d'expérience. Ecrivez-nous en exposant brièvement votre situation, peut-être pourrons-nous vous aider. Joignez vos nom et adresse, nous vous contacterons. Toutes les informations recueillies seront considérées comme strictement confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Pas sérieux, s'abstenir. Veuillez adresser vos réponses Poste restante, Bureau central de Helsinki, nom de code "Essayons ensemble"."
Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitent partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils se mettent en tête de rassembler d'autres désespérés pour monter une association. Commence alors, à bord d'un car de tourisme flambant neuf, un périple loufoque mené à un train d'enfer, des falaises de l'océan Arctique jusqu'au cap Saint-Vincent au Poryugal pour un saut de l'ange final. Un récit désopilant doublé d'une réflexion mordante sur le suicide."

>> Un livre absolument génial. C'est le premier auteur finlandais que je lis et quelle surprise (d'ailleurs, pourquoi les finlandais ne seraient-ils pas, eux aussi, doués en écriture ?). Si je n'avais pas eu partiels, j'aurais pu lire ce livre d'environ 300 pages (format poche) en trois jours. Arto Paasilinna a un style d'écriture que je ne connaissais pas auparavant, il se permet de tourner presque à la dérision l'idée de suicide, de mort tout en nous balançant en pleine figure quelques réalités mondiales (cf les extraits plus bas). Nous avons ici à faire à un colonel qui n'attend qu'une chose, la guerre, pour pouvoir enfin se sentir actif, avoir l'impression qu'il sert à quelque chose, une femme battue dont même les enfants se moquent, des personnes qui font faillite, etc... Bref, à première vue, que des personnes pour qui l'idée du suicide semble être la dernière solution. Pourront-ils aller jusqu'au bout ? Qui osera aller jusqu'au bout ? Vous le saurez en lisant ce livre ;) <<

Extraits choisis :
"L'on constata qu'il ne faisait pas bon vivre en Finlande, la société était dure comme le granit. Les gens étaient cruels et jaloux les uns des autres. Le goût du lucre était général, tous couraient après l'argent avec l'énergie du désespoir. Les Finlandais étaient sinistres et malveillants. S'ils riaient c'était pour se réjouir du malheur d'autrui. Le pays grouillait de traîtres, de tricheurs, de menteurs. Les riches opprimaient les pauvres, leur faisaient payer des loyers exorbitants et leur extorquaient des intérêts prohibitifs. Les deshérités, de leur côté, se conduisaient en vandales braillards et n'élevaient pas mieux leurs enfants : ils étaient la plaie du pays, à couvrir de graffitis les maisons, les objets, les trains et les voitures. Ils cassaient les carreaux, vomissaient et faisaient leurs besoins dans les ascenceurs.
Les fonctionnaires tout-puissants passaient leur temps à imaginer de nouveaux formulaires pour humilier les gens et les faire courir d'un guichet à un autre. Commerçants et grossistes se liguaient pour racler jusqu'au dernier sou les fonds de poche des malheureux. Les promoteurs immobiliers construisaient les logements les plus chers de la planète. Si on tombait malade, des médecins revêches vous traitaient comme du bétail pour pour l'abattoir. Et si, las de supporter tout cela, on sombrait dans la dépression, des infirmiers psychiatriques brutaux vous passaient la camisole de force et vous injectaient de quoi obscurcir vos dernières pensées un tant soit peu sereines.
Dans cette chère patrie, les industriels et les sylviculteurs détruisaient sans remords l'or vert, et ce qui en restait était dévoré sur pied par les xylophages. Le ciel déversait des pluies acides qui emprisonnaient et stérélisaient le sol. Les agriculteurs répandaient sur leurs champs de telles couches d'engrais que les rivières, les lacs et le littoral pullulaient d'algues toxiques. Conduites et cheminées d'usine rejetaient des polluants dans les airs et les eaux. Les poissons mouraient et les oisillons sortaient pitoyablement de l'oeuf avant terme. Les routes étaient sillonnées par des fous du volant stupidement fiers de leur conduite sportive, qui remplissaient de leurs victimes les cimetières et les unités de soins intensifs des hôpitaux.
Dans l'industrie et les bureaux, ouvriers et employés étaient forcés de travailler comme des machines et mis au rebut s'ils se fatiguaient. Les chefs exigeaient un rendement permanent, humiliaient et rabaissaient leurs subordonnés. Les femmes étaient harcelées, il se trouvait toujours un malappris pour pincer leurs fesses déjà bien assaillies par la cellulite. Les hommes étaient soumis à une constante obligation de réussite, à laquelle ils n'échappaient pas même pour quelques jours de vacances. Les collègues se surveillaient hargneusement les uns et les autres et accablaient les plus faibles, les conduisaient au bord de la dépression nerveuse et au-delà.
Si on buvait, le foie et le pancréas se détraquaient. Si on mangeait trop bien, le taux de cholestérol grimpait. Si on fumait, un cancer mortel s'incrustait dans les poumons. Quoi qu'il arrive, chacun s'arrangeait pour culpabiliser son voisin. Certains faisaient du jogging à outrance et s'écroulaient morts d'épuisement sur la cendrée. Ceux qui ne couraient pas devenaient obèses, souffraient des articulations et du dos et mourraient pareillement, au bout du compte, d'un arrêt cardiaque.
A bavarder ainsi, les suicidaires commençaient à se dire qu'ils se trouvaient finalement en bien meilleure posture que leurs compatriotes contraints de continuer à vivre dans leur sinistre patrie. Cette constatation les emplit de joie, pour la première fois depuis longtemps."

"On tenta de calmer Korpela. Il ne s'agissait pas de rester définitivement en vie. On voulait juste repousser le suicide... Il devait comprendre le changement d'humeur de ses amis. Le glacial océan Arctique ne paraissait plus aussi tentant qu'au départ de Finlande. Mais ils continuaient de soutenir et de chérir l'idée d'un suicide collectif."

"Et pourtant ils souffraient de leur dénuement, car ils voyaient autour d'eux des gens mieux lotis et, bien pire, des publicités plus alléchantes les unes que les autres. Utriainen se déclara convaincu que c'était principalement la publicité qui était la cause principale du suicide des Finlandais. A quoi bon vivre quand on n'avait de toute façon pas les moyens de s'offrir toutes les merveilles que l'on tentait à chaque instant de vous faire acheter ? D'après les estimations d'Utriainen, au moins cinq cents déprimés se tuaient chaque année en Finlande à cause de cet incessant matraquage."

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Cet article a été commenté 10 fois | Ajouter un commentaire | Revenir en haut | Aller en bas

Jess* dit

Je crois que je connais cet auteur, n'est-ce pas lui qui a écrit "La douce empoisonneuse" ?! Livre bien ecrit que j'ai dévoré. En tout cas marlgé le scénario un peu connu de "Petits meurtres entre amis" pourquoi pas titiller notre imagination en le lisant...

Mercredi 17 Janvier 2007, 22:35 GMT+2 | Retour au début

Jess* >> Je ne sais pas si c'est lui qui a écrit ça, ça n'est pas marqué sur le livre en tout cas.

Ce n'est pas petits MEURTRES mais petits SUICIDES !
;)

Mercredi 17 Janvier 2007, 23:08 GMT+2 | Retour au début

Jess* dit

bon et bien tu m'as convaincu ;) c'est décidé alors, prochain livre à lire : Petits suicides entre amis... merci pour ce compte rendu!

Jeudi 18 Janvier 2007, 09:55 GMT+2 | Retour au début

Lunatique >> Oooh, ben j'espère que tu ne vas pas être déçue...
En tout cas, bravo si tu as eu le courage de tout lire...

Jeudi 18 Janvier 2007, 11:14 GMT+2 | Retour au début

La fée carabosse dit

Le titre est trash, il me tente bien ce livre ... quand j'aurai le temps :-(

Jeudi 18 Janvier 2007, 11:44 GMT+2 | Retour au début

La fée carabosse >> Je te rassure, il se lit TRES vite et TRES facilement.

Jeudi 18 Janvier 2007, 12:15 GMT+2 | Retour au début

Et hop, un nouveau bouquin à lire dès que je le croise!

Jeudi 1 Fevrier 2007, 13:16 GMT+2 | Retour au début

Mésange >> J'espère qu'il te plaira !

Vendredi 2 Fevrier 2007, 17:00 GMT+2 | Retour au début