Hollande prévient qu'il ne tolèrera aucun règlement de comptes
Après la défaite de Ségolène Royal qui a obtenu dimanche 46,94% des suffrages face à Nicolas Sarkozy, François Hollande a déclaré sur France 2 qu'il "n'était pas, dans ce moment-là, pour des règlements de compte ou des analyses rétrospectives".
"Il y a sans doute des décisions à prendre mais là je ne tolérerai rien", a-t-il dit, car "en ce moment, il y a un défi à relever". Selon le numéro un du PS, les législatives doivent permettre l'émergence "de contre-pouvoirs", car "ceux qui ont eu le suffrage (dimanche) veulent tout, veulent décider de tout". Il a ajouté que "Ségolène Royal a pris une force qui sera utile à la gauche".
Un peu plus tard sur France Inter, M. Hollande a souligné que Mme Royal "a pris une position forte dans cette campagne", mais "qu'il y a aussi un premier secrétaire du Parti socialiste qui a joué tout son rôle". "La légitimité du PS c'est ce que j'incarne, la légitimité de la candidate c'est Ségolène Royal, et il y a aussi la légitimité de ceux qui peuvent être utiles, pas seulement à eux-mêmes, pas seulement à leur famille politique, mais utiles à la France", a-t-il dit.
Pour M. Hollande, "la gauche doit être maintenant en ordre de bataille". "L'enjeu est trop important, trop grave. Il est de savoir si c'est l'UMP qui doit avoir tous les pouvoirs ou si on crée une force d'équilibre et de préparation de l'avenir". "Ma responsabilité c'est d'amener tout le monde dans cette bataille, et de faire en sorte ensuite de rénover autant qu'il sera possible la gauche, de la refonder, la rassembler, l'élargir, l'ouvrir, bref de la mettre dans la perspective de 2012", a poursuivi le numéro un PS.
Les législatives de juin, "ce n'est pas la revanche", a toutefois estimé M. Hollande. "L'élection présidentielle est terminée, il y a un président, ce n'est pas celui que j'ai choisi mais il est là. Maintenant il s'agit de choisir quelle Assemblée nationale on propose". "Il y a des élections, donc tout est ouvert. Beaucoup ont dit qu'il ne faut pas qu'il y ait une concentration du pouvoir dans les mêmes mains, les électeurs ont demain cette capacité d'équilibre (...) Il faut mener pleinement cette bataille là, et ne pas le faire d'une manière défensive", a-t-il ajouté.
Le porte-parole de campagne de Ségolène Royal, Vincent Peillon, a pour sa part appelé le PS à "mettre les compteurs à zéro" lundi, au lendemain de la défaite de la candidate socialiste, et à "se tourner vers l'avenir" mais "pas avec la génération en arrière". Pour ce travail de "refondation politique", M. Peillon a souligné qu'il ne fallait "pas revenir à des gens qui ont déjà exercé la responsabilité, à la génération en arrière".
"On a entendu hier sur le plateau parler du "fabuleux combat entre Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius". Mais le peuple de gauche n'en veut pas, nous voulons aller de l'avant. Rangez vos querelles d'ego dans les poches revolver de vos costards", a-t-il poursuivi. Pour M. Peillon, l'avenir du PS "ce n'est pas François Hollande, c'est tous les autres". "Ségolène Royal a dû mettre les compteurs à zéro, maintenant travaillons pour une politique nouvelle".
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, a estimé lundi sur France Info que Ségolène Royal "doit être au coeur" de la bataille des législatives et que "l'entreprise de rénovation qu'elle a engagée doit se poursuivre". Pour lui "le PS n'a pas fait suffisamment l'analyse de son échec de 2002. Tout le monde a une part de responsabilité, qu'il s'appelle Laurent Fabius ou Dominique Strauss Kahn", a-t-il assuré. Il s'en est pris à Dominique Strauss-Kahn qui "a sa part de responsabilité aussi dans cette situation". "Ce n'est pas la peine d'essayer de se positionner comme challenger, comme s'il y avait là un enjeu personnel, cela ne sert à rien", a-t-il souligné.
Jean-Louis Bianco, l'un des deux directeurs de campagne de Ségolène Royal, a estimé lundi matin qu'il avait manqué au PS "une vraie rénovation idéologique" pour avoir une chance de gagner l'élection présidentielle. "Qu'est-ce qui a manqué le plus?", s'est interrogé M. Bianco sur i-TELE. Et de répondre: "Là-dessus, je suis d'accord avec Dominique Strauss-Kahn, c'est qu'on n'a pas fait, malgré les progrès, une vraie rénovation idéologique. On n'a pas fait ce que l'UMP a fait."
"On a tous notre part de responsabilité et c'est Ségolène qui a dû bousculer les lignes en trop peu de temps. Donc il faut continuer ce travail de rénovation et pas tirer les uns sur les autres", a ajouté l'ancien ministre de François Mitterrand. Quant aux législatives du 10 et 17 juin, M. Bianco a estimé qu'elles se dérouleraient, pour le PS, sous la bannière du Premier secrétaire François Hollande. "C'est François Hollande qui conduira le Parti socialiste à la bataille des législatives, c'est une évidence", a-t-il dit.
Par Headbanging, Lundi 7 Mai 2007 à 14:38 GMT+2 dans + A la une (article, RSS)
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