Les cerfs-volants - Romain Gary
Pour Ludo le narrateur, l'unique amour de sa vie commence à l'âge de dix ans, en 1930, lorsqu'il aperçoit dans la forêt de sa Normandie natale la petite Lila Bronicka, aristocrate polonaise passant ses vacances avec ses parents. Depuis la mort des siens, le jeune garçon a pour tuteur son oncle Ambroise Fleury dit "le facteur timbré" parce qu'il fabrique de merveilleux cerfs-volants connus dans le monde entier. Doué de l'exceptionnelle mémoire "historique" de tous les siens, fidèle aux valeurs de "l'enseignement public obligatoire", le petit Normand n'oubliera jamais Lila. Il essaie de s'en rendre digne, étudie, souffre de jalousie à cause du bel Allemand Hans von Schwede, devient le secrétaire du comte Bronicki avant le départ de la famille en Pologne, où il les rejoint au moins de juin 1939, juste avant l'explosion de la Seconde Guerre mondiale qui l'oblige à rentrer en France.
Alors la séparation commence pour les très jeunes amants... Pour traverser les épreuves, défendre son pays et les valeurs humaines, pour retrouver son amour, Ludo sera toujours soutenu par l'image des grands cerfs-volants, leur symbole d'audace, de poésie et de liberté inscrit dans le ciel.

>> J'avoue, je partais assez pessimiste au début, quand j'avais relu le résumé : pourquoi ai-je acheté ce bouquin alors que j'aime pas les livres sur la guerre. Y a que les neuneus qui changent pas d'avis. Ce livre est très beau, se lit très vite, très bien écrit. C'est une belle histoire d'amour sur un fond de guerre 39-45 du côté des résistants. <<
Extraits choisis :
"- Je ne vous poserai qu'une question et je vous demande de me répondre par un seul mot. Qu'est-ce qui caractérise la grâce ?
Je pensai à la petite Polonaise, à son cou, à ses bras, au vol de sa chevelure, et je répondis sans hésiter :
- Le mouvement.
J'eus un dix-neuf. Je dois mon bac à l'amour"
[...]
"[...] il faut un peu de raison, ce qui se dit aussi en français, "se faire une raison", bien que je sois le premier à reconnaître que c'est une expression qui pue le renoncement, l'abandon et la soumission, et que si tous les Français "se faisaient une raison", il y a longtemps qu'il n'y aurait plus de France. La vérité, c'est qu'il ne faut ni trop de raison, ni pas assez de folie, mais j'avoue que ni trop, ni pas assez, c'est peut-être une bonne recette [...]"
Par Headbanging, Samedi 16 Fevrier 2008 à 18:32 GMT+2 dans + Livres (article, RSS)






