Toute vie est romanesque

Sainte Futile - Alix Girod De L'Ain

Couv'Résumé de la quatrième de couverture :
Les articles d'humeur de Pauline Orman-Perrin, dite POP, dans le magazine Modelle, ont fait sa réputation de journaliste vive, rigolote et gâtée. Après un grave accident de travail et une rencontre - rêvée ? - avec Dieu, le sosie de Karl Lagarfeld, POP se voit confier la mission de donner du sens à sa vie, tant professionnelle que privée. Mais transformer une famille désordonnée et joyeuse en cellule d'accomplissement de soi et un magazine féminin en temple de la quête de sens, est-ce bien raisonnable ?
La perfection est-elle supportable ?

>> Livre léger, très agréable à lire, amusant. Tout y est. Bien entendu, je ne pense pas qu'il soit conseillé aux hommes qui n'accrocheraient sûrement pas, mais les femmes si ;) Le livre se lit très vite. Pas grand chose à ajouter si ce n'est que je vous le conseille fortement <<

Extraits choisis :
"- Vous avez à la fois raison et tort. Le purgatoire n'existe pas tel que les exégètes su Moyen-Âge l'ont décrit. Le purgatoire, c'est de son vivant qu'on le rencontre. C'est en bas, POP, que les pêchés de l'humanité s'expient le plus sûrement. Fêtes "trois jours en or" des centres commerciaux, restaurants d'autoroute, épilations maillot, accueil des nouveaux impétrants dans les centres ANPE, conception des emballages de produits alimentaires à "ouverture facile... Si j'ai permis que tout cela existe, c'est que je savais que l'Homme a, en lui, une soif sincère d'en baver. La plupart des gens qui se présentent devant moi on eu, au cours de leur vie terrestre, leur content d'abominations, ce qui les aide considérablement à percevoir le grand Tout."

[...]

"Je faisais mon âge c'est sûr.
Ce qui était moins sûr, c'est si je raffolais de cette idée.
Je tendis la main vers mon tube de fond de teint.
Non, il fallait tenir.
Un instant, je songeai à cette dictature de la jeunesse et de la beauté, à cette pression terrible qu'on met sur les épaules des femmes... ou qu'elles se mettent elles-mêmes, le résultat étant identique. Une course pathétique contre le temps. Un combat perdu d'avance. Et, bien entendu, derrière tout ça, un complot tacite destiné à leur faire dépenser toujours plus."

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Le Parfum, histoire d'un meurtrier - Patrick Süskind

Résumé de la quatrième de couverture :
Au XVIIIè siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque. Il s'appelait Jean-Baptiste Grenouille. Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n'aurait pas survécu. Mais Grenouille n'avait besoin que d'un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n'avait besoin de rien.
Or ce monstre de Grenouille, car il s'agissait bel et bien d'un genre de monstre, avait un don, ou plutôt un nez unique au monde et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l'univers car "qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le coeur des hommes".
C'est son histoire abominable... et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un roman très vite devenu un best-seller mondial, et aujourd'hui porté à l'écran.

Couverture du livre

>> Evidemment, j'en avais entendu parlé grâce au film qui est sorti il y a quelques mois. Je ne l'ai pas vu. Je préfère lire avant. Eh bien je dois dire que j'ai beaucoup aimé ce livre pour plusieurs raisons : l'originalité du style d'écriture (tantôt on parle de Grenouille en décrivant ses faits et gestes, tantôt on parle de lui à travers des pensées de personnages, tantôt le narrateur s'adresse à nous). Ces différents va-et-vient nous permettent, je pense, de ne pas sombrer dans la monotonie parce qu'il faut quand même admettre que certains passages peuvent être un peu longs. De plus, l'histoire est super. Un peu flippante mais vraiment bien. Au début, on se prend à avoir de la pitié pour ce pauvre petit enfant puis au fur et à mesure que le livre avance on se demande si ce n'est pas le Diable en personne. Je vous conseille de découvrir cette histoire, bonne lecture ;) <<

Extrait choisi :
"- C'est que, n'est-ce pas, commença la nourrice, ce n'est pas très facile à dire, parce que... ils ne sentent pas partout pareil, quoiqu'ils sentent bon partout mon Père, vous comprenez... Prenez leurs pieds par exemple, eh bien, là ils sentent comme un caillou lisse et chaud ; ou bien non, plutôt comme du fromage blanc... ou comme du beurre, comme du beurre frais, oui c'est ça : ils sentent le beurre frais. Et le reste du corps sent comme... comme une galette qu'on a laissé tremper dans le lait. Et la tête, là, l'arrière de la tête, où les cheveux font un rond, là, regardez mon Père, là où vous n'avez plus rien..."
Et comme Terrier, médusé par ce flot de sottises minutieusement détaillées, avait docilement incliné la tête, elle tapotait sa calvitie.
"...c'est là, très précisément qu'ils sentent le plus bon. Là, il sentent le caramel, cela sent si bon, c'est une odeur si merveilleuse mon père, vous n'avez pas idée ! Quand on les a sentis à cet endroit là, on les aime, que ce soient les siens ou les enfants des autres. Et c'est comme ça, et pas autrement, que doivent sentir les petits enfants? Et quand ils ne sentent pas comme ça, quand là-haut derrière la tête ils ne sentent rien du tout, encore moins que de l'ai froid comme celui-là, ce bâtar, alors... Vous pouvez expliquer ça comme vous voulez, mon père mais moi..."."

 

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Gossip Girl [Je suis parfaite, et alors ? - Tome 7] - Cecily Von Ziegesar

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Résumé de la quatrième de couverture :
Bienvenue à New York dans l'Upper East Side, où mes amis et moi vivons dans d'immenses et fabuleux appartements, où nous fréquentons les écoles privées les plus sélectes. Nous ne sommes pas toujours des modèles d'amabilité, mais nous avons le physique et la classe, ça compense.
Serena et Jenny prennent très au sérieux leur rôle de petites amies des rockeurs les plus chauds de la Grosse Pomme, The Raves. Pendant ce temps, Daniel est bien trop occupé à noyer son chagrin dans l'alcool pour remarquer une mystérieuse beauté française qui témoigne d'un curieux penchant pour la saleté. Quant à Olivia, elle s'installe au Plaza pour réfléchir "sérieusement" à son avenir : deviendra-t-elle une espionne internationale ou une hôtesse du milieu le plus en vue de New York ? Prendre une décision est tellement difficile !

>> Si j'en suis déjà au tome sept c'est que j'ai accroché à cette série de bouquins. Evidemment, c'est futile à souhait, superficiel à souhait, parfois niais à souhait mais un peu de futilité ne fait jamais de mal. Un bon livre à la hauteur de mes attentes. <<

Extraits choisis :
"Tu n'as jamais pensé à te faire un tatouage ? lui demanda-t-il comme ça d'un seul coup, en caressant le galbe de ses omoplates.
Excepté un passage éclair en désintox cette année, Nate était défoncé chaque jour, toute la journée, depuis qu'il avait onze ans, et Olivia était donc habituée à ses questions bizarres. A l'idée d'avoir une grosse cicatrice remplie d'encre noire, elle fronça son nez pointu légèrement retroussé.
- Dégueulasse, répondit-elle.
Laissons ça aux actrices canon, aux bombes qui peuvent se le permettre, style Angelina Jolie.

[...]

"Et son mariage à une mystérieuse française voilà un an, lors d'une cérémonie très privée à Saint-Bart ? Si vous regardez bien la photo où il embrasse J., il porte une alliance en or à l'annulaire de sa main gauche... et il y avait également une sublime Française dans le coup, bien qu'elle fut totalement obsédée par D., le nouveau leader déchainé du groupe. Sa première performance en public fut quelque peu embarassante mais, en bonne Française qui se respecte, elle est probablement trop chaudasse pour en avoir quelque chose à faire."

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La mariée rouge - Hervé Jaouen

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Résumé de la quatrième de couverture :
La mariée rouge. La grande fresque d'un mariage populaire en Bretagne, des énervés de la détente, quelques zestes d'érotisme et une écriture pleine de punch : il n'en faut pas plus pour ficeler un excellent roman policier nouvelle manière. Une réussite. (Le Figaro Magazine)
L'équipée sauvage de deux paumés qui tourne mal, les délires de quelques notables en mal de milice, une noce villageoise dans son horreur très quotidienne, et l'instant fatal de leur rencontre, dans une Bretagne de cauchemar... [...]  (Michel Le Bris, Le Nouvel Observateur)

>> Déjà, j'aime pas la couverture. Je n'aurai pas acheté un livre avec une telle couverture. Pour moi l'aspect compte. C'est pas du tout mon style. C'est un livre prêté qui fait partie de mon challenge. Venons-en à l'histoire. Eh bien que dire. Le premier chapitre nous annonce un carnage (écrit dans le résumé du Nouvel Obs (attention, jme la pète ;)). J'avoue que je me suis dit : ben super, on sait même pas comment c'est arrivé. Qui a dit que j'étais naïve ! Parce que oui, c'est logique, on sait ce qu'il s'est passé pendant tout le reste du livre. Le livre aurait pu me plaire s'il n'avait pas eu les quelques défauts suivants : trop d'érotisme (autant, habituellement, lire une scène de s-e-x-e (oui maintenant, je n'ose plus écrire les mots tels qu'ils sont vu le désastre de mes mots-clefs) ne me gène absolument pas, mais là il y en avait trop, surtout lire une scène de viol, c'est très gênant, je vous assure...), trop de personnages (dingue comment on peut s'y perdre...), trop de "détails" inutiles... Certes l'histoire reste pas mal quand même mais autant être sincère : non, je ne vous conseille pas ce livre qui sera ma première déception de ce challenge. <<

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Les Arcanes du chaos - Maxime Chattam

Résumé de la quatrième de couverture :
Toutes les victimes se croyaient à l'abri du chaos. Exactement comme vous !
Esotérisme, codes secrets, sectes millénaires, complots... Après le succès de sa trilogie L'âme du Mal, et du Sang du temps, Maxime Chattam, le nouveau maître du thriller français, nous entraîne dans une terrifiantes course contre la montre, contre la mort, au-delà du miroir.

>> J'ai beaucoup aimé ce livre, ça ne me surprend pas, j'aime beaucoup Maxime Chattam. Ce livre est dans un style différent de sa trilogie : ici pas de bains de sang, pas d'horreur physique. Tout est mental, psychologique. On ressort différent de ce livre : et si tous ces complits étaient vrais ? Vivons-nous réellement dans ce monde rempli de manipulations ? <<

Extraits choisis :
"C'en était trop pour Yael, elle n'en pouvait plus de voir des signes cachés partout, d'apprendre sans arrêt qu'elle vivait dans un monde mensonger, que sa vie n'était qu'une vaste manipulation"

[...]

"Mon grand-père disait que la paranoïa était en train de devenir non plus une tare mais une qualité de survie dans ce triste système. Qu'en penser ?"


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Le ciel t'aidera - Sylvie Testud

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Résumé de la quatrième de couverture :
Flippée, Sylvie Testud ? Le ciel t'aidera est l'histoire de sa vie quand elle ne joue pas sur un plateau, c'est l'histoire d'une fille trop imaginative qui rêve de mourir centenaire et dans son lit. Alors elle se bat comme un diable : elle planque des couteaux sous ses matelas, elle se balade avec un ravissant pistolet de dame, elle s'entraîne au sabre sur les plantes vertes. Alors, flippée ? A vous de voir...

>> Deuxième livre dans mon challenge ABC 2007 et quel bonheur ! J'appréciais énormément Sylvie Testud en tant que comédienne (surtout dans Dédales et Stupeur et tremblements) et là je viens de découvrir que je l'appréciais énormément en tant qu'auteure également. Elle écrit si bien, elle sait décrire ses sentiments parfaitement et pratique un peu l'auto-dérision, quand au final elle se rend compte qu'elle est vraiment parano. Je trouve qu'elle raconte avec légèreté ses craintes quotidiennes, chose qui n'est pas forcément aisée. Je vous conseille de lire ce livre jusqu'à la fin  où une grande et belle nouvelle est annoncée. <<


Extrait choisi :

Ceci se passe dans une armureri lorsque Sylvie décide de se trouver un moyen de défense infaillible mais qui ne tue pas, qui fait juste peur : "Achetez-vous un chien, nous dit le vendeur qui ne sait plus quoi nous proposer. Je ne parle pas de mon chien au vendeur. C'est moi qui ai éduqué ce chien. Il a peur des escargots." Extrait qui, selon moi, reflète vraiment bien l'état d'esprit de Sylvie.

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Petits suicides entre amis - Arto Paasilinna

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Résumé de la quatrième de couverture :
"SONGEZ-VOUS AU SUICIDE ?
Pas de panique, vous n'êtes pas seul.
Nous sommes plusieurs à partager les mêmes idées, et même un début d'expérience. Ecrivez-nous en exposant brièvement votre situation, peut-être pourrons-nous vous aider. Joignez vos nom et adresse, nous vous contacterons. Toutes les informations recueillies seront considérées comme strictement confidentielles et ne seront communiquées à aucun tiers. Pas sérieux, s'abstenir. Veuillez adresser vos réponses Poste restante, Bureau central de Helsinki, nom de code "Essayons ensemble"."
Deux suicidaires se retrouvent fortuitement dans une vieille grange où ils souhaitent partir tranquilles. Entravés dans leurs funestes projets, ils se mettent en tête de rassembler d'autres désespérés pour monter une association. Commence alors, à bord d'un car de tourisme flambant neuf, un périple loufoque mené à un train d'enfer, des falaises de l'océan Arctique jusqu'au cap Saint-Vincent au Poryugal pour un saut de l'ange final. Un récit désopilant doublé d'une réflexion mordante sur le suicide."

>> Un livre absolument génial. C'est le premier auteur finlandais que je lis et quelle surprise (d'ailleurs, pourquoi les finlandais ne seraient-ils pas, eux aussi, doués en écriture ?). Si je n'avais pas eu partiels, j'aurais pu lire ce livre d'environ 300 pages (format poche) en trois jours. Arto Paasilinna a un style d'écriture que je ne connaissais pas auparavant, il se permet de tourner presque à la dérision l'idée de suicide, de mort tout en nous balançant en pleine figure quelques réalités mondiales (cf les extraits plus bas). Nous avons ici à faire à un colonel qui n'attend qu'une chose, la guerre, pour pouvoir enfin se sentir actif, avoir l'impression qu'il sert à quelque chose, une femme battue dont même les enfants se moquent, des personnes qui font faillite, etc... Bref, à première vue, que des personnes pour qui l'idée du suicide semble être la dernière solution. Pourront-ils aller jusqu'au bout ? Qui osera aller jusqu'au bout ? Vous le saurez en lisant ce livre ;) <<

Extraits choisis :
"L'on constata qu'il ne faisait pas bon vivre en Finlande, la société était dure comme le granit. Les gens étaient cruels et jaloux les uns des autres. Le goût du lucre était général, tous couraient après l'argent avec l'énergie du désespoir. Les Finlandais étaient sinistres et malveillants. S'ils riaient c'était pour se réjouir du malheur d'autrui. Le pays grouillait de traîtres, de tricheurs, de menteurs. Les riches opprimaient les pauvres, leur faisaient payer des loyers exorbitants et leur extorquaient des intérêts prohibitifs. Les deshérités, de leur côté, se conduisaient en vandales braillards et n'élevaient pas mieux leurs enfants : ils étaient la plaie du pays, à couvrir de graffitis les maisons, les objets, les trains et les voitures. Ils cassaient les carreaux, vomissaient et faisaient leurs besoins dans les ascenceurs.
Les fonctionnaires tout-puissants passaient leur temps à imaginer de nouveaux formulaires pour humilier les gens et les faire courir d'un guichet à un autre. Commerçants et grossistes se liguaient pour racler jusqu'au dernier sou les fonds de poche des malheureux. Les promoteurs immobiliers construisaient les logements les plus chers de la planète. Si on tombait malade, des médecins revêches vous traitaient comme du bétail pour pour l'abattoir. Et si, las de supporter tout cela, on sombrait dans la dépression, des infirmiers psychiatriques brutaux vous passaient la camisole de force et vous injectaient de quoi obscurcir vos dernières pensées un tant soit peu sereines.
Dans cette chère patrie, les industriels et les sylviculteurs détruisaient sans remords l'or vert, et ce qui en restait était dévoré sur pied par les xylophages. Le ciel déversait des pluies acides qui emprisonnaient et stérélisaient le sol. Les agriculteurs répandaient sur leurs champs de telles couches d'engrais que les rivières, les lacs et le littoral pullulaient d'algues toxiques. Conduites et cheminées d'usine rejetaient des polluants dans les airs et les eaux. Les poissons mouraient et les oisillons sortaient pitoyablement de l'oeuf avant terme. Les routes étaient sillonnées par des fous du volant stupidement fiers de leur conduite sportive, qui remplissaient de leurs victimes les cimetières et les unités de soins intensifs des hôpitaux.
Dans l'industrie et les bureaux, ouvriers et employés étaient forcés de travailler comme des machines et mis au rebut s'ils se fatiguaient. Les chefs exigeaient un rendement permanent, humiliaient et rabaissaient leurs subordonnés. Les femmes étaient harcelées, il se trouvait toujours un malappris pour pincer leurs fesses déjà bien assaillies par la cellulite. Les hommes étaient soumis à une constante obligation de réussite, à laquelle ils n'échappaient pas même pour quelques jours de vacances. Les collègues se surveillaient hargneusement les uns et les autres et accablaient les plus faibles, les conduisaient au bord de la dépression nerveuse et au-delà.
Si on buvait, le foie et le pancréas se détraquaient. Si on mangeait trop bien, le taux de cholestérol grimpait. Si on fumait, un cancer mortel s'incrustait dans les poumons. Quoi qu'il arrive, chacun s'arrangeait pour culpabiliser son voisin. Certains faisaient du jogging à outrance et s'écroulaient morts d'épuisement sur la cendrée. Ceux qui ne couraient pas devenaient obèses, souffraient des articulations et du dos et mourraient pareillement, au bout du compte, d'un arrêt cardiaque.
A bavarder ainsi, les suicidaires commençaient à se dire qu'ils se trouvaient finalement en bien meilleure posture que leurs compatriotes contraints de continuer à vivre dans leur sinistre patrie. Cette constatation les emplit de joie, pour la première fois depuis longtemps."

"On tenta de calmer Korpela. Il ne s'agissait pas de rester définitivement en vie. On voulait juste repousser le suicide... Il devait comprendre le changement d'humeur de ses amis. Le glacial océan Arctique ne paraissait plus aussi tentant qu'au départ de Finlande. Mais ils continuaient de soutenir et de chérir l'idée d'un suicide collectif."

"Et pourtant ils souffraient de leur dénuement, car ils voyaient autour d'eux des gens mieux lotis et, bien pire, des publicités plus alléchantes les unes que les autres. Utriainen se déclara convaincu que c'était principalement la publicité qui était la cause principale du suicide des Finlandais. A quoi bon vivre quand on n'avait de toute façon pas les moyens de s'offrir toutes les merveilles que l'on tentait à chaque instant de vous faire acheter ? D'après les estimations d'Utriainen, au moins cinq cents déprimés se tuaient chaque année en Finlande à cause de cet incessant matraquage."

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Je tue - Giorgio Faletti


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Résumé de la quatrième de couverture :
Lors d'une de ses émissions nocturnes en direct, Jean-Loup Verdier, animateur vedette de Radio Monte-Carlo, reçoit un étrange appel. D'une voix plate et sans timbre, un inconnu confie qu'il apaise sa folie par le meurtre.
"Je tue...", lance-t-il, avant de faire entendre quelques mesures de musique et de raccrocher. Cet aveu passe pour une blague de mauvais goût. Mais dès le lendemain, un célèbre pilote de Formule 1 et sa petite amie, fille d'un général, sont sauvagement assassinés sur leur yacht.
Ce n'est que le premier épisode d'une série de meurtres particulièrement atroces, que vient invariablement rythmer cette petite phrase : "Je tue..."

>> Même si au début, j'ai eu un peu de mal à me mettre dans l'histoire (j'étais persuadée que je savais qui était le coupable en n'ayant même pas lu 100 pages... Quelle prétention !), j'ai bien fait d'écouter les conseils de mon père qui me disait qu'il falalit absolument que je le lise ! Quel chef-d'oeuvre d'écriture ! L'auteur arrive parfaitement à se glisser dans la peau de chaque personnage, à en expliquer les sentiments, les sensations, leurs histoires personnelles etc... C'est tellement bien écrit qu'une fois qu'on sait les raisons pour lesquelles la personne tue, on se surprend même à avoir pitié de lui, à "comprendre", dingue quand même ! En bref, je ne peux que vous conseiller de vous procurer ce livre, vous n'en ferez qu'une bouchée ;) <<

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Le Dahlia noir - James Ellroy

Résumé de la quatrième de couverture :
Le 15 janvier 1947, dans un terrain vague de Los Angeles, est découvert le corps nu et mutilé, sectionné en deux au niveau de la taille d'une jeune fille de vingt-deux ans : Betty Short, surnommée "le dahlia noir", par un reporter, à cause de son penchant à se vêtir totalement en noir. Le meurtre est resté l'une des énigmes les plus célèbres des annales du crime en Amérique.
James Ellroy s'est emparé de cet effroyable fait divers pour bâtir un chef-d'oeuvre du roman noir.

>> Eh oui, alors que ce livre vient d'être adapté au cinéma, je préfère avoir la vision de James Ellroy sur ce fait divers. En gros, je préfère lire que regarder une adaptation de livre... Que penser de ce livre...? Tout d'abord, style d'écriture TRES particulier : noir dans les dialogues et le sens. Et aussi, il faut "s'adapter" à l'époque et au lieu de cette histoire : années 1945 aux USA, qu'y avait-il encore ? Eh bien, les lois de ségrégation raciale ! Mon Dieu, c'est une catastrophe de lire ça, surtout quand on n'y est pas préparé... Les personnages sont blancs alors pour parler des afro-américains, ils utilisent les termes n****s (j'ose même pas l'écrire en entier) et ce, tout le long du livre. Donc déjà, je pense que si ce détail spatio-temporel avait été ommis, je m'en serai pas plus mal portée (et pas que moi sûrement aussi), ça met mal à l'aise franchement ! Sinon, l'histoire en elle-même, très intéressante avec une très bonne présentation des personnages quoique parfois trop complexe avec beaucoup de passages que j'ai, finalement, trouvés inutiles... Donc dans le fond, très bonne histoire tout de même malgré certaines lourdeurs et une fin un peu trop surprenante... Ce n'est pas un livre que je conseille absolument, à lire pour les amateurs de polars et de thrillers mais ce n'est pas une priorité ! <<

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Cause celeb' - Helen Fielding

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Résumé de la quatrième de couverture :
"Si seulement on avait un cerveau lavable. Incroyable, le nombre de fois où j'ai eu envie de me décalotter le crâne, comme on décalotte un oeuf, pour sortir mon cerveau et le rincer sous le robinet comme une éponge sale. Comme l'option de ce lavage de cerveau m'était impossible, je me suis mise à envisager ke voyage en Afrique comme une échappatoire".
Rosie Richardson en a marre. Marre de son boulot de publiciste. Marre d'être tombée amoureuse folle d'un homme mégalo et caractériel. Alors un jour, elle décide de tout plaquer et part pour un camp de réfugiés, en Afrique. Devant la menace de la famine, elle fait appel à ses anciens amis acteurs pour lever des fonds et provoque une juxtaposition incongrue entre les paillettes du show-business et la misère du Tiers-monde. Tout le monde en prend pour son grade, Rosie la première !

>> Un livre surprenant. Au départ, je m'attendais à livre un énième livre girly principalement axé sur la vie sentimentale de Rosie, que le "côté Afrique" serait minimiser. Eh bien non! Ce livre est TRES bien écrit, sait faire la part des choses entre le sentimental et le réel, entre le personnel et l'autrui, entre l'égoïsme et l'aide etc... Ce livre contient de nombreux flash-back sur la relation entre Rosie et son ex, qui nous permettent de mieux comprendre pourquoi elle a à tout prix voulu fuir Londres et les gens qui l'entouraient. On y découvre aussi un monde de personnalités sans pitié, ne voyant que leurs propres intérêts personnels, comment faire bonne image etc... Et c'est sûrement vrai. Un conseil, lisez ce livre, ça vous changera votre vision des choses, peut-être pas énormément, mais un minimum c'est déjà ça ! <<

Extraits choisis :
"Je ne savais plus où j'en étais. Je passais d'un sentiment à l'autre dans la plus totale incohérence. Quand je suis revenue dans le living, il avait ramassé tout ce qui trainait sur le plancher. Il m'a tendu les bras. Il était vraiment très beau. Mais je n'ai pas cédé. Il s'est levé, m'a pris les tasses des mains, les a posées et m'a prise dans ses bras en roucoulant avec un accent de chanteur de charme français "Souviens-toi, un baiser n'est qu'un baiser, un sourire n'est qu'un sourire". Je n'avais pas envie de rire, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Ensuite, il m'a soulevée de terre et m'a portée sur le lit. C'est dur de croire que quelqu'un ne veut pas de vous quand il vous fait l'amour comme s'il vous aimait"

[...]

"Je suis rentrée chez moi en superforme. J'avais fait une erreur en tombant amoureuse de quelqu'un qui ne me convebait pas. Et alors ? C'est le genre de choses qui peut arriver à n'importe qui. Rien de tragique. Je m'en sortirais. Et si on s'en buvait un ? Oups, j'en ai renversé sur mon pantalon. Ah ah ah. Libre. Je suis libre comme l'air, comme un oiseau, comme un poisson"

[...]

"La semaine suivante, la veille du jour où nous devions partir, il a tout annulé. Il m'a dit qu'il se sentait pris au piège parce que ça devenait trop sérieux entre nous. Trois jours plus tard, nous avons passé ensemble une nuit merveilleuse et il m'a demandé ce que je pensais de m'installer chez lui. C'était un perpétuel jeu de yoyo. Dès que je commençais à affronter la douleur de la rupture, voilà qu'il réapparaissait en proposant de soulager la douleur. J'aurais dû tout simplement partir, mais j'étais incapable de me libérer"

[...]

"Comme si l'amour était un prix qu'on gagne à la manière d'un tableau d'honneur. Si je suivais les instructions de tous les magazines féminins ce mois-ci, si je ne mangeais que des légumes crus ou cuits à la vapeur, si je perdais toute ma cellulite, portais des fringues Nicolas Fahri, faisais mes propres pâtes fraîches, étudiais la gymnastique sexuelle, ne lui imposais jamais ma présence, si je le soutenais toujours sans cesser pourtant d'être une personne indépendante à part entière, réussissais dans ma carrière sans devenir chiante, si je me teignais les cils, lisais tous les livres publiés sur la peinture cubiste, si je m'habillais en contrôleur de bus, Oliver déciderait peut-être qu'il était amoureux plutôt que d'avoir un simple penchant pour moi, même s'il ne m'aimait pas encore tout à fait. Evidemment, l'amour ne fonctionne pas comme ça, sinon personne, hormis les filles qui posent dans les pubs pour cabriolet convertible, ne rencontrerait l'âme soeur"

[...]

"Ce n'est pas bonne nuit que j'aurais dû dire. Pendant le trajet en taxi dans Regent Street, je regardais les lumières en fermant à demi les yeux et en pensant à ce que 'jaurais dû dire. Bonne nuit, minable. Non, enfoiré était mieux. Qui avait dit ça ce soir ? Bonne nuit, enfoiré. Va te faire foutre, petit con. Tu as toujours tes sautes d'humeur, hein ? Tu ne veux pas que je te donne le numéro d'un psychiatre ? Non. J'aurais dû être plus désinvolte. J'aurais dû glisser d'un ton mielleux, genre membre du Club : Je te trouve bien dur avec tes amis. Je crois que ces gens là valent mieux que ça, non ?"

[...]

"- Il y a presque vingt ans, a-t-il commencé, henry Kissinger faisait une déclaration à la conférence de Rome dans le cadre du programme mondial d'aide alimentaire du Tiers-monde. "Nous devons, a-t-il dit alors, proclamer un objectif ambitieux : nous nous fixons une échéance de dix ans pour qu'aucun enfant au monde n'aille se coucher avec la faim. Afin qu'aucune famille n'ait peur pour son pain du lendemain. Pour que plus jamais la malnutrition ne mette en péril l'avenir ou le développement d'aucun être humain."
Il s'est interrompu et a aidé Huna à se redresser.
- Depuis maintenant six semaines, les Nations unies, la Communauté européenne, les agnces humanitaires et les gouvernements occidentaux savent que des dizaines de milliers d'habitants des montagnes du Kefti n'ont plus rien à manger. Ils savaient tous qu'ils affluaient vers notre région pour chercher de l'aide, marchant nuit et jour avec l'estomac vide, voyant en chemin mourir leurs enfants et leurs vieillards. Le peuple du Kefti mourait de faim en marchant, mais il a continué dans l'espoir de trouver assistance ici, à la frontière du Nambula. Et qu'ont fait les Nations Unies pendant ce temps ? Qu'ont envoyé les gouvernements occidentaux ? Qu'est-ce qui attend tous ces gens en arrivant ici ? Rien.
Il a fait un geste en direction de la plaine et la caméra a suivi son bras.
- Année après année vous avez vu - et vous verrez encore - des images comme celles-ci sur vos écrans. Année après année, vos gouvernements, vos organisations, avec leurs montagnes de céréales et leurs budgets colossaux, ne sont pas capables de nous aider à temps. Année après année, vous, les gens ordinaires comme nous, se voient demander de mettre la main à la poche pour nous sauver quand il est déjà trop tard. Et aujourd'hui nous vous demandons encore de nous sauver. Pourquoi ?"

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