Résumé de la quatrième de couverture :
"Si seulement on avait un cerveau lavable. Incroyable, le nombre de fois où j'ai eu envie de me décalotter le crâne, comme on décalotte un oeuf, pour sortir mon cerveau et le rincer sous le robinet comme une éponge sale. Comme l'option de ce lavage de cerveau m'était impossible, je me suis mise à envisager ke voyage en Afrique comme une échappatoire".
Rosie Richardson en a marre. Marre de son boulot de publiciste. Marre d'être tombée amoureuse folle d'un homme mégalo et caractériel. Alors un jour, elle décide de tout plaquer et part pour un camp de réfugiés, en Afrique. Devant la menace de la famine, elle fait appel à ses anciens amis acteurs pour lever des fonds et provoque une juxtaposition incongrue entre les paillettes du show-business et la misère du Tiers-monde. Tout le monde en prend pour son grade, Rosie la première !
>> Un livre surprenant. Au départ, je m'attendais à livre un énième livre girly principalement axé sur la vie sentimentale de Rosie, que le "côté Afrique" serait minimiser. Eh bien non! Ce livre est TRES bien écrit, sait faire la part des choses entre le sentimental et le réel, entre le personnel et l'autrui, entre l'égoïsme et l'aide etc... Ce livre contient de nombreux flash-back sur la relation entre Rosie et son ex, qui nous permettent de mieux comprendre pourquoi elle a à tout prix voulu fuir Londres et les gens qui l'entouraient. On y découvre aussi un monde de personnalités sans pitié, ne voyant que leurs propres intérêts personnels, comment faire bonne image etc... Et c'est sûrement vrai. Un conseil, lisez ce livre, ça vous changera votre vision des choses, peut-être pas énormément, mais un minimum c'est déjà ça ! <<
Extraits choisis :
"Je ne savais plus où j'en étais. Je passais d'un sentiment à l'autre dans la plus totale incohérence. Quand je suis revenue dans le living, il avait ramassé tout ce qui trainait sur le plancher. Il m'a tendu les bras. Il était vraiment très beau. Mais je n'ai pas cédé. Il s'est levé, m'a pris les tasses des mains, les a posées et m'a prise dans ses bras en roucoulant avec un accent de chanteur de charme français "Souviens-toi, un baiser n'est qu'un baiser, un sourire n'est qu'un sourire". Je n'avais pas envie de rire, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Ensuite, il m'a soulevée de terre et m'a portée sur le lit. C'est dur de croire que quelqu'un ne veut pas de vous quand il vous fait l'amour comme s'il vous aimait"
[...]
"Je suis rentrée chez moi en superforme. J'avais fait une erreur en tombant amoureuse de quelqu'un qui ne me convebait pas. Et alors ? C'est le genre de choses qui peut arriver à n'importe qui. Rien de tragique. Je m'en sortirais. Et si on s'en buvait un ? Oups, j'en ai renversé sur mon pantalon. Ah ah ah. Libre. Je suis libre comme l'air, comme un oiseau, comme un poisson"
[...]
"La semaine suivante, la veille du jour où nous devions partir, il a tout annulé. Il m'a dit qu'il se sentait pris au piège parce que ça devenait trop sérieux entre nous. Trois jours plus tard, nous avons passé ensemble une nuit merveilleuse et il m'a demandé ce que je pensais de m'installer chez lui. C'était un perpétuel jeu de yoyo. Dès que je commençais à affronter la douleur de la rupture, voilà qu'il réapparaissait en proposant de soulager la douleur. J'aurais dû tout simplement partir, mais j'étais incapable de me libérer"
[...]
"Comme si l'amour était un prix qu'on gagne à la manière d'un tableau d'honneur. Si je suivais les instructions de tous les magazines féminins ce mois-ci, si je ne mangeais que des légumes crus ou cuits à la vapeur, si je perdais toute ma cellulite, portais des fringues Nicolas Fahri, faisais mes propres pâtes fraîches, étudiais la gymnastique sexuelle, ne lui imposais jamais ma présence, si je le soutenais toujours sans cesser pourtant d'être une personne indépendante à part entière, réussissais dans ma carrière sans devenir chiante, si je me teignais les cils, lisais tous les livres publiés sur la peinture cubiste, si je m'habillais en contrôleur de bus, Oliver déciderait peut-être qu'il était amoureux plutôt que d'avoir un simple penchant pour moi, même s'il ne m'aimait pas encore tout à fait. Evidemment, l'amour ne fonctionne pas comme ça, sinon personne, hormis les filles qui posent dans les pubs pour cabriolet convertible, ne rencontrerait l'âme soeur"
[...]
"Ce n'est pas bonne nuit que j'aurais dû dire. Pendant le trajet en taxi dans Regent Street, je regardais les lumières en fermant à demi les yeux et en pensant à ce que 'jaurais dû dire. Bonne nuit, minable. Non, enfoiré était mieux. Qui avait dit ça ce soir ? Bonne nuit, enfoiré. Va te faire foutre, petit con. Tu as toujours tes sautes d'humeur, hein ? Tu ne veux pas que je te donne le numéro d'un psychiatre ? Non. J'aurais dû être plus désinvolte. J'aurais dû glisser d'un ton mielleux, genre membre du Club : Je te trouve bien dur avec tes amis. Je crois que ces gens là valent mieux que ça, non ?"
[...]
"- Il y a presque vingt ans, a-t-il commencé, henry Kissinger faisait une déclaration à la conférence de Rome dans le cadre du programme mondial d'aide alimentaire du Tiers-monde. "Nous devons, a-t-il dit alors, proclamer un objectif ambitieux : nous nous fixons une échéance de dix ans pour qu'aucun enfant au monde n'aille se coucher avec la faim. Afin qu'aucune famille n'ait peur pour son pain du lendemain. Pour que plus jamais la malnutrition ne mette en péril l'avenir ou le développement d'aucun être humain."
Il s'est interrompu et a aidé Huna à se redresser.
- Depuis maintenant six semaines, les Nations unies, la Communauté européenne, les agnces humanitaires et les gouvernements occidentaux savent que des dizaines de milliers d'habitants des montagnes du Kefti n'ont plus rien à manger. Ils savaient tous qu'ils affluaient vers notre région pour chercher de l'aide, marchant nuit et jour avec l'estomac vide, voyant en chemin mourir leurs enfants et leurs vieillards. Le peuple du Kefti mourait de faim en marchant, mais il a continué dans l'espoir de trouver assistance ici, à la frontière du Nambula. Et qu'ont fait les Nations Unies pendant ce temps ? Qu'ont envoyé les gouvernements occidentaux ? Qu'est-ce qui attend tous ces gens en arrivant ici ? Rien.
Il a fait un geste en direction de la plaine et la caméra a suivi son bras.
- Année après année vous avez vu - et vous verrez encore - des images comme celles-ci sur vos écrans. Année après année, vos gouvernements, vos organisations, avec leurs montagnes de céréales et leurs budgets colossaux, ne sont pas capables de nous aider à temps. Année après année, vous, les gens ordinaires comme nous, se voient demander de mettre la main à la poche pour nous sauver quand il est déjà trop tard. Et aujourd'hui nous vous demandons encore de nous sauver. Pourquoi ?"